CHEVEUX

P'TITE INTRO

La valeur symbolique des cheveux

Un élément de séduction

Les cheveux sont un élément culturel et de séduction, chez l'homme, comme chez la femme, (ici pour le peuple Yao dont les femmes mélangent ici leurs cheveux non coupés à des cheveux coupés ou tombés).

Dans presque toutes les civilisations les cheveux ont une importance particulière.

Ils ont souvent un rapport avec l'intimité, la séduction, la pudeur et la sexualité à travers la tricophilie, la relation à l'autre à travers la chevelure (peigner, épouiller, couper) étant une marque d'affection

Un symbole de force et de pouvoir

Les cheveux ont une force symbolique et de séduction, décrite dans les textes religieux les plus anciens (couper les cheveux de Samson était lui enlever sa force).

Les bonzes comme certains moines et membres de nombreuses religions, marquent leur adhésion au culte et au retrait du monde matériel par la tonte des cheveux.

Selon les époques et les lieux, les cheveux symbolisent la force et/ou la virilité (cf. les cheveux de Samson) et/ou encore la féminité ; tantôt montrés, tantôt voilés. Autrefois, voler les cheveux d'autrui permettait disait-on de faire des philtres d'amour ou d'envoûter.

Parfois colorés au roucou en Amazonie, au henné au Moyen-Orient, couverts de cendre ou d'argile dans de nombreux groupes ethniques, à l'occasion de cérémonies diverses.

Chez les Francs du Haut Moyen Âge il semble que les cheveux longs aient été réservés aux rois et nobles : ainsi Grégoire de Tours rapporte que la reine Clotilde à Paris porte toute son affection sur les fils de Clodomir. « Childebert en conçut de l’envie ; et, craignant que, par la faveur de la reine, ils n’eussent part au royaume, il envoya un courrier secret à son frère le roi Clotaire (vers l’an 533) lui disant : Notre mère garde avec elle les fils de notre frère, et veut leur donner le royaume ; il faut que tu viennes promptement à Paris, et que, réunis tous deux en conseil, nous déterminions ce que nous devons faire d’eux, savoir si on leur coupera les cheveux, comme au reste du peuple, ou si, les ayant tués, nous partagerons également entre nous le royaume de notre frère. » […] « Alors Childebert et Clotaire envoyèrent à la reine Arcadius(en), dont nous avons déjà parlé, portant des ciseaux et une épée nue. Quand il fut arrivé près de la reine, il les lui montra, disant : Tes fils nos seigneurs, ô très glorieuse reine, attendent que tu leur fasses savoir ta volonté sur la manière dont il faut traiter ces enfants ; ordonne qu’ils vivent les cheveux coupés, ou qu’ils soient égorgés. » […] Selon Grégoire, la reine sans réfléchir répond « Si on ne les élève pas sur le trône, j’aime mieux les voir morts que tondus. » Deux des enfants sont tués, le troisième, Clodoald - toujours selon Grégoire - « fut sauvé par le secours de braves guerriers ; dédaignant un royaume terrestre, il se consacra à Dieu, et s’étant coupé les cheveux de sa propre main, il fut fait clerc. »

En Europe, la vraie chevelure a parfois été en public recouverte de perruques sophistiquées (ex. : XVIIe siècle européen/cour de Louis XIV, perruques de magistrats, etc.). Les longs cheveux étaient le privilège des nobles quand le peuple commençait à se couper les cheveux. Ensuite, en France, alors que les hommes pouvaient porter les cheveux longs, les femmes semblent avoir longtemps été contraintes à réunir leurs cheveux en chignons serrés avec des rubans et/ou cachés sous des calots, coiffes et autres serre-tête.

Sous le second Empire s'établit l'usage de laisser les cheveux flottants chez les jeunes filles et très libres encore chez les femmes, usage qui pourrait être venu d'Angleterre[15]. Vers 1855, on apprend des Anglaises à ne plus se serrer les cheveux et à renoncer aux pommades grasses à base de moelle de bœuf et d'huile d'amandes, plus ou moins parfumée « avec lesquelles on leur donnait un lustre malpropre, en domptant ce qu'on appelait leurs rébellions. On détruisait ainsi leurs ondulations naturelles, qui, justement, sont l'apanage ethnique des plus belles races ».

Les armées modernes imposent généralement une coupe courte ou rase, pour limiter les risques de pullulation de poux, faciliter le lavage/séchage, etc., mais couper les cheveux d'un samouraï était le déshonorer, et les castes administratives et militaires chinoises, coréennes, japonaises ont accordé une grande importance à la coiffure et longueur des cheveux. Les envahisseurs mandchous ont ainsi imposé le port de la natte en Chine. Le scalp de l'ennemi a été un trophée valorisé chez certains amérindiens.

Les cheveux longs de la période hippie

ont été le symbole d'une rébellion contre l'ordre établi.

Un filament très résistant

Ce poil très particulier de la famille des phanères a pour fonction essentielle de protéger la tête.

Très solide, formé d’une protéine fibreuse, la kératine, un cheveu peut supporter un poids de 100 g.

 

cheveu                       cheveu 

Structure
La kératine qui compose le cheveu contient deux acides aminés riches en soufre, la méthionine et la cystine. Cette dernière rend le cheveu plus solide que des fibres en aluminium, ou en nylon, de taille similaire. Un cheveu cassant en contient très peu.

 La tige

La partie visible du cheveu, dont la couleur est variable selon les individus, est composée de trois couches tubulaires, emboîtées les unes dans les autres :
gle canal médullaire, constitué de moelle et situé au centre, forme un tunnel creux aux cellules très lâches.
• le cortex, la partie la plus épaisse, est le véritable corps de la fibre capillaire. Il lui assure sa résistance et son élasticité. De plus, ces cellules produisent la mélanine responsable de la pigmentation du cheveu.
• la cuticule ou écorce forme une protection imperméable en enveloppant le cortex de 6 à 10 couches de cellules disposées en écailles, imbriquées comme les tuiles d'un toit. Quand la cuticule est détruite, cas des cheveux très décolorés par exemple,  le cortex absorbe l'eau très facilement et la fibre capillaire devient poreuse.

 La racine

Située sous la peau, c'est la partie vivante du cheveu. Elle est implantée obliquement dans le cuir chevelu et contenue dans un petit sac, le follicule pileux. Celui-ci est recouvert, dans le derme, de gaines épithéliales (interne et externe). Il  comporte à son extrémité inférieure un bulbe, ou zone matricielle, porteur à sa base d’un petit creux, la papille cutanée, dans lequel aboutissent plusieurs petits vaisseaux chargés d’apporter les nutriments véhiculés par le sang et des fibres nerveuses. Au-dessus de ce bulbe,  nichée elle aussi dans l’hypoderme, la glande sébacée permet la lubrification du cheveu. Enfin, le muscle arrecteur, inséré à la base du follicule pileux, est responsable du phénomène d'horripilation (érection) déclenché par le froid ou l'émotion (peur, colère,...).

Densité

L'être humain naît avec, en moyenne, 100 000 follicules pileux programmés pour se développer en cheveux longs et épais, qui poussent en groupes renfermant 1 à 4 cheveux, et parsemés de manière aléatoire sur le cuir chevelu. Sur la tête d'un nouveau-né, on compte 1 135 follicules/cm2 environ mais, dès la première année, ce nombre chute (795/cm2) pour avoisiner, vers 25 ans, les 685/cm2. Un cuir chevelu adulte contient un million de follicules pileux avec 120 000 à 150 000 cheveux visibles. La densité capillaire diminue ensuite selon les individus, leur mode de vie,  leur état de santé et peut aller jusqu'à la calvitie.

Cycle pilaire
Dans une vie, chaque follicule pileux engendre 15 cheveux environ et subit une vingtaine de cycles. Ces derniers se déroulent en trois étapes.

 La phase anagène

C’est la phase de croissance : le cheveu naît dans le follicule et croît, par une division intense des cellules de la racine, de l’hypoderme au derme. La vitesse de pousse d'un cheveu est d'environ 1mm tous les trois jours, soit 12 à 15 cm par an, et il peut atteindre plus d'un mètre. Pendant cette période, qui dure de 2 à 5 ans,  le bulbe pileux se trouve au fond de l'épiderme et y reste jusqu'à la phase suivante. 85 % de la chevelure est à ce stade d’évolution.

 La phase catagène

Encore appelées « phase d'involution », ces 2 à 3 semaines vont permettre au cheveu de se préparer pour la période de repos. Environ 3 % des cheveux se trouvent en même temps à ce stade de fin de production pendant lequel le follicule rétrécit sensiblement.

 La phase télogène

C'est la phase de repos : le cheveu ne pousse pas mais il reste attaché à son follicule tandis que son bulbe est au fond de l'épiderme, en dormance. À la fin de cette période de 6 à 7 mois, l'ancien cheveu tombe sous la poussée d'un nouveau qui subsistera à son tour plusieurs années. Environ 12 % de la chevelure est en repos.